Pourquoi l'éducation aux médias est-elle importante ?

Vous avez probablement constaté la recrudescence des contenus en ligne qui sèment la discorde : arnaques, désinformation et messages haineux. Les médias en ligne sont désormais le principal vecteur d’information, qu’elle soit politique ou civique, et la situation ne fera qu’empirer, car des acteurs malveillants utilisent des trolls, des bots et l’intelligence artificielle pour manipuler nos opinions. Nous avons déjà constaté comment cela engendre méfiance et discrimination au sein de la société.

Le plus inquiétant est l’impact sur les jeunes générations.

L’éducation aux médias favorise l’acquisition de compétences essentielles pour préserver la santé mentale, participer au débat public et prendre des décisions éclairées. Investir dans l’éducation aux médias, c’est investir dans l’avenir du Canada. La situation n’a jamais été aussi urgente. Apprendre aux enfants à discerner et à contrer la désinformation dès maintenant est plus économique et plus efficace que d’essayer de réparer les dégâts plus tard.

Nous ne pouvons pas faire grand-chose pour contrôler les sources de désinformation, mais nous pouvons faire davantage pour nous assurer qu’elle parvienne à un public averti.

Objectif de la campagne

L’initiative « Canadiens pour l’éducation aux médias » vise à convaincre les gouvernements provinciaux et fédéral d’intégrer l’éducation aux médias numériques à l’enseignement obligatoire de la maternelle à la 12e année. Cette initiative n’est pas inédite : des modèles scandinaves ont déjà fait leurs preuves et peuvent être adaptés aux besoins canadiens. [Consultez la page Ressources pour obtenir des informations sur ce que font les autres pays.]

Cette campagne comporte deux volets :

(1) Une campagne de lettres aux ministères provinciaux de l’Éducation ; nous encourageons tous les Canadiens à participer à cette initiative citoyenne.

(2) Une lettre ouverte au gouvernement fédéral, signée par la communauté littéraire canadienne, demandant au gouvernement de prendre l’initiative et d’allouer des fonds pour aider les ministères provinciaux de l’Éducation à promouvoir l’éducation aux médias  numériques. 

La bonne nouvelle, c'est qu'il existe des solutions pour l'éducation aux médias – des stratégies et des mesures concrètes – dont nous pouvons nous inspirer, grâce à des pays qui s'y emploient depuis des décennies. Les pays scandinaves sont aujourd'hui les plus performants en matière d'éducation aux médias : à tous les niveaux scolaires, on enseigne aux élèves comment identifier les fausses nouvelles et résister à la manipulation en ligne.

Faisons pression sur nos gouvernements fédéral et provinciaux pour que l'éducation aux médias numériques devienne une composante obligatoire des programmes scolaires de la maternelle à la 12e année. Il faut que suffisamment de Canadiens exercent une pression suffisante pour que nos gouvernements agissent. Commençons dès maintenant à éduquer des générations de jeunes Canadiens capables de résister à la manipulation en ligne.

Mais je croyais que le gouvernement fédéral n'avait aucune compétence en matière d'éducation provinciale

C'est tout à fait exact. Les principaux décideurs sont les gouvernements provinciaux. Nous avons besoin de l'implication de nos ministères de l'Éducation. Cependant, ces ministères ont également besoin de leadership, d'orientation et de financement de la part du gouvernement fédéral – non pas sous forme de subventions directes aux écoles, mais plutôt sous forme de ressources pour l'enseignement de l'éducation aux médias numériques. Par exemple :

Élaboration et animation d'ateliers et de formations à l'intention des enseignants actuels et futurs du primaire et du secondaire sur l'enseignement de l'éducation aux médias ;

Recherche, élaboration et mise à jour de cours d'éducation aux médias adaptés à l'âge des élèves, que les provinces pourraient adapter et adopter ;

Évaluation continue des programmes d'éducation aux médias afin d'en déterminer l'efficacité et les points à améliorer.

Des organismes sans but lucratif œuvrent déjà dans ce domaine, mais leur financement est irrégulier. C'est pourquoi cette campagne s'adresse tant au gouvernement fédéral qu'aux gouvernements provinciaux.

[Voir la section Ressources pour des exemples de certaines de ces organisations]

Ce que nous demandons aux gouvernements provinciaux

Les programmes scolaires relèvent des provinces et non du gouvernement fédéral. Certes, les écoles offrent déjà des cours d’éducation aux médias. Toutefois, ces cours ne sont pas obligatoires et ne sont pas toujours intégrés à un parcours cohérent qui optimise l’apprentissage des compétences en la matière. Dans certaines écoles, un élève peut aller de la maternelle à la 12e année sans suivre un seul cours d’éducation aux médias numériques.

Les interdictions d'accès aux réseaux sociaux sont inapplicables. Les parents s'inquiètent des risques et des conséquences liés à l'IA, aux réseaux sociaux et à la désinformation en ligne. Les élèves eux-mêmes se posent des questions. Les enseignants et les directions d'établissement sont conscients des problèmes.

Comment vous pouvez aider

Écrivez à vos ministres provinciaux de l'Éducation. Sélectionnez votre province dans le menu principal pour accéder à un lien vous permettant de rédiger un courriel préformaté, ainsi qu'aux coordonnées des principaux contacts et à des exemples de lettres si vous souhaitez aller plus loin. Nos ministères de l'Éducation doivent savoir que cette question est importante pour leurs administrés.

Ce que les membres de la communauté littéraire canadienne demandent au gouvernement fédéral

Nous avons besoin que le gouvernement fédéral fasse preuve de leadership, assure un financement durable et mette en œuvre une stratégie nationale cohérente. L’éducation aux médias n’a pas de véritable rôle à Ottawa : aucun député ni ministère n’en est responsable. Par conséquent, cette question manque de visibilité, de financement constant, de suivi, de recherche et de communication avec les provinces. J’invite les auteurs, poètes, organisateurs de festivals et membres de la communauté littéraire canadienne à appuyer cette campagne.

Comment nous procédons

Des auteurs, poètes et autres membres de la communauté littéraire canadienne sensibilisent le public à cette question en signant une lettre ouverte d'auteurs adressée au gouvernement fédéral.

Pourquoi une lettre ouverte, et pourquoi la communauté littéraire ?

Il y a plusieurs années, un ami militant m’a confié que, pour une raison qui lui échappe, les auteurs exercent une influence considérable sur les politiciens canadiens. De plus, après avoir discuté avec des personnes ayant fait pression sur le gouvernement concernant l’éducation aux médias dans les écoles, il s’avère que, sur ce sujet précis, une lettre ouverte signée par des centaines d’auteurs canadiens aurait un impact plus important qu’une pétition au Parlement.

Par ailleurs, je suis moi-même auteur et c’est ma communauté, le public que je peux atteindre. Et puis… au moins, ça fait un bon titre. Pas vrai ?

Dès que la lettre ouverte aura recueilli 200 signatures, nous la diffuserons plus largement dans les médias et l’enverrons directement par courriel aux ministres fédéraux et provinciaux concernés.

Qui est à l'origine de cette campagne ?

Bonjour ! Je suis Janie Chang, une auteure de Colombie-Britannique, préoccupée par l'utilisation malveillante des trolls, des bots et de l'IA pour manipuler nos pensées, nos opinions et nos émotions. Je suis particulièrement inquiète de l'impact que cela a sur les jeunes générations. Il y a bien d'autres problèmes dans le monde, mais j'ai décidé de me concentrer sur un seul : l'éducation aux médias dans nos écoles, plutôt que de m'inquiéter sans cesse pour tout.

D'ailleurs, je crois que c'est aussi important pour notre sécurité nationale que les avions de chasse. Et probablement moins cher.

Et puis, le monde est un vrai chaos, et agir me rassure. J'espère que soutenir cette campagne vous apportera le même réconfort.